1) Le balbutiement :

Avant, il n'y avait rien. Ou plutôt, il n'existait que des lacs et des étangs naturels et des fleuves et des rivières sauvages.

Depuis toujours, toutes les mers du monde ont porté bateaux. Alors, l'idée de se servir de l'eau comme porteur de charge était somme toute logique.

Avec le vent comme force motrice, de nombreux voiliers barrés par de vaillants capitaines ont bravé tornade et tempête. Alors, pourquoi ne pas se servir du vent sur les eaux intérieures.

On profitait des eaux stagnantes des étangs et des lacs pour véhiculer des marchandises, mais la distance restreinte n'était pas d'une grande rentabilité.

Alors, de grands aventuriers se sont mis en devoir de dompter les humeurs changeantes des fleuves et des rivières. Parfois le manque d'eau les obligeait à l'amarre, quelques fois la crue imposait un courant trop fort, et heureusement un juste milieu les autorisait à une navigation malgré tout dangereuse.

La Loire en fut un très bon exemple, et les Vikings eux-mêmes y firent d'incessantes incursions de 854 à 868.  Ce fut grâce au développement du commerce du vin avec les pays du Nord de l'Europe que le vinicole Orléanais s'étendit du XI au XV ème siècle pour devenir la première richesse du val de Loire... et de sa Marine.

Une gabarre seule pouvait descendre le fleuve avec juste la dextérité naturelle du marinier qui se servait du vent pour gonfler sa voile et du courant qui le poussait vers l'aval. Mais pour la remonte, il fallait lutter contre le sens contraire du fleuve. Alors les gabarriers amarraient leurs embarcations les unes derrière les autres, mais d'une manière à être solidaires dans le sens de la traction et du poussage, avec un ordre bien défini, le plus gros bateau en tête, jusqu'au plus petit en dernière position. Ainsi il remontait la Loire, et à l'arrivée d'un pont à franchir, le premier baissait la voile et son mât, était poussé par les autres derrière lui, se remettait en position l'obstacle passé, le suivant imitait sa manœuvre... et ainsi de suite jusqu'au dernier. 

L'union fait la force avait ici toute sa signification. 

Si l'exportation massive des vins était la source de richesse des Pays de Loire et le fret principal de sa batellerie à la descente, le sel était le nolis de la remonte. il provenait des salines atlantiques et alimentait l'intérieur du pays. A cette époque, ce produit servait d'assiette à l'impôt le plus important de l'ancien régime : la gabelle.

 

 

 

 

2) La planification :

a) Adam de Craponne imagina le principe du canal à point de partage. Originaire de Salon de  Provence dans la vallée de la Crau, ce grand homme fut,entre autres, constructeur de nombreux canaux d'irrigation. la Provence lui doit beaucoup.

b) Lors des guerres d'Italie, Léonard de Vinci se trouvait à la tête d'une Unité à hauteur d'une vallée où l'ennemi passait. Sur cette hauteur se trouvait un lac. La première idée qui lui vint fut de vider toute l'eau du lac sur l'ennemi. Mais alors il condamnait le lac. Alors lui vint une autre idée.

Il fit creuser un énorme trou avec une sortie vers la vallée où il fit mettre un barrage de planche, le même comme porte en amont, puis il fit remplir le trou d'eau, referma la porte côté lac et fit ouvrit la porte aval côté vallée. L'ennemi fit alors emporté par la masse d'eau.

Léonard de Vinci venait, sans vraiment le savoir, le principe de l'écluse.

 

François 1er remarqua cette invention et fit venir le grand inventeur à sa cour en 1515.

 

Combiner les deux inventions, les projeter sur plan pour les faire ex&cuter sur site exigeait une longue réflexion. De grands hommes s'y attelèrent en 1598. Henri IV et Sully étudièrent la liaison entre la Seine et la Loire, la Loire à la Saône, et cette dernière à la Meuse.

 

3)

Briare - Saint-Mammès fut la première tranche fluviale ouverte. La liaison entre le Val de Loire et Paris était faite.

Les premiers mariniers construisaient leur embarcation avec du bois coupé dans la forêt, les chargeait de marchandises diverses, souvent du bois, et gagnaient Paris en empruntant ce premier tronçon.

Des haleurs tiraient le bateau du bord du chemin, une besogne ingrate mais qui faisait vivre des familles entières.

Sur le canal, il était plus difficile de naviguer à la voile, bien que certains l'on fait.  

Arrivés en Seine à Saint-Mammès, les embarcations descendaient le fleuve à la rame.

Comme il était impossible de le remonter, les bateaux étaient "déchirés" à Paris et revendus comme bois de chauffage.

Les haleurs et le marinier revenaient en Val de Loire et reconstruisaient un autre bateau.

 

A suivre...